Barule devoluarde en mobilite douce

Barule dévoluarde en mobilité douce

du 15 au 17 juin 2012 Dévoluy, Randonnée, Vélo+Rando 0 commentaire

Malgré un début juin plutôt maussade, la météo annonçait 3 jours de beau temps consécutifs, pas même un bout de nuage annoncé ! Après réflexion, la décision est prise : il est temps de ranger les skis et de partir randonner à pied. Renoncer au ski n’a pas été chose facile : à peine la première descente amorcée je me souviens des dernières descentes grisantes à skis tandis que mes genoux se remémorent déjà des longues et pénibles descentes estivales... il va falloir se mettre véritablement au parapente un jour !!

Mais un argument - et pas des moindres - m’a fortement motivé à mettre les skis au placard : j’ai depuis décembre dernier le livre “Vertiges d’en haut” de Pascal Sombardier qui recense 24 fabuleux itinéraires en Dauphiné, dont une bonne partie dans le Dévoluy. Ayant déjà bien utilisé le livre “Chartreuse Inédite” du même auteur (ces photos de Chartreuse en sont la terrible conséquence!), je sais depuis maintenant 5 mois que l’été dans le Dévoluy sera sympathique. En plus, c’est un massif que je connais peu, et que j’ai véritablement commencé à connaître cet hiver en ski de rando... et je dois avouer que les premiers contacts n’ont pas été désagréables notamment lors de cette sortie au Grand Ferrand par les chourums, traversant le grandiose chourum Olympique (je n’ai vu qu’après que cet itinéraire était dans le livre de Pascal Sombardier, que je croyais reservé à la randonnée sans neige... il faut dire que pour préserver la surprise je m’étais interdit d’ouvrir le livre avant de ranger les skis!).

Vendredi midi, c’est donc décidé, je pars en Dévoluy pour 2 jours et demi, avec pour seul objectif baruler dans ce massif. Je glisse alors dans le sac à dos l’essentiel de survie : le bouquin de Pascal Sombardier, la carte IGN, un roman, un appareil photo, un abri et un sac de couchage. Et bien sûr un saucisson mais cela va de soi !

Et voilà comment je me retrouve à vélo dans l’après-midi : n’ayant pas de skis encombrants à transporter, c’est si facile et agréable de se rendre à vélo au départ de la randonnée. Je roule donc en direction de Rabou qui sera le terminus vélo, départ rando.

Après 20 courtes bornes de pédalage, j’accroche le vélo devant la mairie de Rabou, et prend la direction du col éponyme. Un sentier ombragé permet de commencer en douceur. Après une heure de rando, je me rends compte d’un petit oubli : j’ai laissé les sardines à la maison...! Je me trimbale donc un abri pour rien, et il faudra improviser pour la nuit, car un orage nocturne est vite arrivé, même si les prévisions météo sont au beau fixe.

Finalement, cet oubli se révèlera bénéfique : première nuit dans la cabane du vallon de l’Ane, plutôt confort (lit, matelas, poêle...). Dehors, un vent frais soufflera toute la nuit. Couché tard pour capter les derniers rayons de soleil, et levé tôt pour attraper les premiers rayons du soleil sur le plateau de Bure : la nuit sera courte ! D’autant plus que le solstice d’été est proche : les derniers rayons sont vers 21h15, les premiers un peu avant 6h00.

J’arrive sur le plateau de Bure juste avant le lever du soleil, puis vais faire un tour au pic de Bure. Redescente ensuite par la combe d’Aurouze pour remonter à la Tête des Pras Arnaud par le pas de Paul et ses escaliers dévoluards. Je retourne donc sur le plateau de Bure pour redescendre vers le col du Festre par l’interminable combe de la Cluse. Mais alors vraiment interminable ! Puis longue pause vers la cabane de la Rama pour manger, bouquiner, faire la sieste, le tout dans un cadre bucolique.

Je reprends la route direction le grand Ferrand pour y passer la nuit. Mais n’ayant toujours pas de sardines, et comme il n’y a pas de cabanes à la ronde, je choisis de dormir... dans une grotte ! Dans un tunnel plus précisément : le tunnel de la Cloche, traversant une épaule du Grand Ferrand. La chambre avec vue est une suite 5 étoiles pour moi ! Je craignais d’éventuels courants d’air mais finalement je suis bien à l’abri dans ma maison troglodyte.

Encore un beau coucher de soleil, et bien entendu le lendemain un lever de soleil époustouflant... Je fais un tour par le sommet du Grand Ferrand et sa vire Olympique. Puis redescente vers le pas de la Cloche pour aller visiter le tunnel de l’Adroit, l’arche de l’Ardoit, et le canyon de l’Adroit, bien sec !

Ensuite il ne “reste” plus qu’à traverser tout le Dévoluy en diagonale pour retourner à Rabou et retrouver mon vélo. Cela me permet de visiter la station déserte qu’est Superdévoluy en juin. Le choc est brutal : je passe de d’une merveille géologique à la laideur de l’architecture pseudo-moderne. Le lieu déserté renforce allègrement l’incohérence humaine à déployer des montagnes d’énergie pour fabriquer une station qui ne vivra même pas plus de 6 mois sur 12... à quel prix énergétique peut-on faire fonctionner l’économie locale ?

Bref, je ne m’y attarde pas bien entendu et m’arrête un peu avant le col de Rabou, c’est l’heure du farniente. La sieste terminée, je monte au col du Rabou en longeant la piste pour randonneur motorisé... S’en suit une descente rapide vers Rabou mais en empruntant un itinéraire différent qu’à l’aller : passage dans le versant sud-ouest du Puy sur une belle vire. Cette vire est large par rapport à ce que j’ai pu faire les jours précédents mais impressionnante par son histoire : autrefois pour rejoindre le village de Chaudun (pommé au bout de la vallée du Petit Buech) les gens suivaient la rivière en contrebas et devaient la traverser jusqu’à 33 fois ! A la fin du 19ème siècle il a été décidé de tracer un chemin pour rejoindre Chaudun plus facilement : cet itinéraire a donc été construit, non sans difficultés, dans des conditions difficiles car il fallait réaliser des murs de soutènement afin de permettre le passage des bêtes de sommes. Malgré tout, les hivers et leur rudesse ont eu raison de Chaudun, et ses habitants ont quitté le village dans le courant du 20ème siècle.

Ce rappel historique étant terminé, je suis arrivé à Rabou où les joueurs de boules me confient avoir surveillé mon vélo. Je les remercie avant de quitter ce petit village bien sympathique pour rejoindre Gap et surtout prendre une bonne douche !

Un superbe séjour donc pour une première estivale en Dévoluy, il n’y a plus qu’à y retourner... en vélo+rando bien sûr !

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